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Vous savez quoi ?

J'ai envie de vous parler d'eux, les photographes, vous parler aussi, de ce qui me passionne.
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27 Sep 2017

Urbex ou Exploration Urbaine

Foto-Runner nous embarque dans son univers. Attachez vos ceintures.

©vincentMichel alias foot-runner

Dès que j’ai commencé à proposer des sorties photos, des ateliers ou stages, certaines d’entre vous m’ont demandé si j’allais faire de L’URBEX… Le Mot à la mode était enfin sorti au grand jour 😉 En effet, aujourd’hui, beaucoup d’entre nous est tenté par ce sport, ces spots, et autre exploration. je suis moi même, et depuis très longtemps, attirée par ces lieux abandonnés ou la vie est passée et s’ne est allé pour laisser place à un autre genre de vie.
Comme je ne pratique pas moi même ce sport, (je n’ai plus 20 ans et les guibolles qui vont avec ;-), j’ai demandé à une connaissance, Vincent Michel, s’il serait ok pour nous accompagner et partager sa passion pour ce genre photographique.
La réponse a tout d’abord été très réservée, voir frileuse tant cette démarche est codée, spécifique et, ne fait pas de l’urbex qui veut!
Puis en discutant nous avons trouvé un commun accord qui permmetrait à quelques uns d’entre vous de s’initier à cette pratique photographique.
Après avoir trouvé où nous pourrions, en groupe, de manière presque sécurisée, nous initier à l’Urbex, j’ai demandé à Vincent de me faire un petit texte reprenant les spécificités du dit sport !!!
Ce n’est pas un petit texte que j’ai reçu mais un document riche d’information en tout sens. Merci Vincent.

INTRODUCTION

«Ne prends rien que des photos, ne laisse rien que des traces de pas, ne tue rien que du temps, ne garde rien que des souvenirs.»

Le mot Urbex est la contraction de 2 mots anglo-saxons : urban exploration, en français exploration urbaine. Il s’agit d’un courant (on peut parler de mode aussi pour le moment) qui consiste à visiter des lieux à l’abandon ou délaissé et d’en ramener un souvenir photographique. La devise première souvent répétée, mais pas toujours respectée est la suivante : «Ne prends rien que des photos, ne laisse rien que des traces de pas, ne tue rien que du temps, ne garde rien que des souvenirs.»

Les proportions peuvent être certes variables, mais je répartirai l’activité elle-même en trois grandes phases : 1/3 de recherche, 1/3 d’explo, 1/3 de traitement photo…



LA RECHERCHE

La recherche de spots s’apparente à une chasse au trésor ! Il s’agit ici du problème majeur chez le débutant, car, en effet, personne dans le milieu « urbex » ne donnera directement une adresse à quelqu’un qu’il ne connaît pas. Pourquoi est-on réticent à divulguer des adresses ? Non pas pour garder l’exclusivité et empêcher quelqu’un d’autre d’y faire des photos, mais principalement pour préserver le lieu. Si le spot commence à tourner, très vite il va passer dans les mains de gens moins bien intentionnés que les photographes, le site risque d’être pillé, vandalisé, tagué…d’autre part certains vont arriver en groupe de façon peu discrète, se faire remarquer et les propriétaires des lieux risquent de se réveiller et fermer hermétiquement le lieu, voir y mettre une alarme…; dans tous les cas, le spot est mort ! Passons en revue les différents moyens qui permettent de trouver le spot qui fera notre bonheur.

  • Consultation des médias (journaux, télévision, radio, internet) : être attentif à l’actualité, surtout régionale qui relate les fermetures d’usine, d’église, les incendies, les éboulements d’édifices, l’histoire de certains bâtiments…
  • Observation des séries de photos qui paraissent dans le milieu urbex : il n’est pas rare et même fréquent de trouver des indices sur des photos (si la photo est de bonne qualité, un agrandissement peut faire apparaître des détails) ; adresses sur enveloppes, journaux, photos anciennes de la maison en aérien, panneau, calendrier, plaque de voiture…paysage à travers la fenêtre…si les exifs de photo sont présents ils peuvent donner certaines indications aussi, concernant notamment l’heure et la date de la photo
  • « Google est ton ami », en combinant différents mots clé bien choisis il y a moyen de trouver pas mal de choses aussi, ajouter les termes : abandonné, désaffecté, fermé, ancien, fermeture, faillite, urbex,…en français, en anglais, en néerlandais, en allemand… ; faites l’essai de taper carte urbex, carte kml, kmz…
  • Les fameux contacts : se créer petit à petit un réseau de contacts qui vous permettra d’obtenir certaines infos et de pratiquer quelques échanges de spots ; la plupart des « urbexeurs » fonctionnent de la sorte ! Comment se faire des copains ??? S’inscrire sur différents groupes urbex, publier, commenter…, progressivement se faire connaître dans le milieu. Ne pas demander directement des adresses…créer progressivement un climat de confiance. Il n’est pas nécessaire d’avoir beaucoup de contact, juste quelques-uns…mais des bons…
  • Les logiciels et les sites indispensables: google earth, streetview, maps, géoportail…avec un peu d’habitude, en se promenant en aérien, en zoomant, en comparant les vues sur différentes années, en basculant en streetview,  on arrive à repérer les bâtiments en friche. Après bien sûr il faut aller voir sur le terrain pour vérifier. On va dire que sur 20 bâtiments repérés peut-être 2 ou 3 sont  valables, c-à-d bien abandonnés, avec un accès possible, pas complètement vide ou ravagé…c’est beaucoup de temps et de boulot…mais c’est une méthode qui permet de découvrir des spots vierges…
  • Le repérage sur le terrain: entre 2 spots, en route pour le boulot, avec la famille…être très attentif à tout ce que l’on voit au bord de la route, apprendre à repérer les signes de l’abandon : jardin en jungle, boîte aux lettres qui déborde de vieux journaux, toiles d’araignées aux fenêtres, aux portes, cadenas et chaines rouillées sur la grille d’entrée, toit en partie effondré, fenêtres cassées, plantes séchées aux fenêtres,…noter si possible directement la localisation. Un moyen rapide et efficace : screenshoot du gps. Après bien sûr il faudra venir vérifier l’état d’abandon et l’accessibilité…


LES CATEGORIES

On peut distinguer plusieurs catégories toutes les plus intéressantes les unes que les autres ; quoique bien sûr certains aient leurs préférences et leurs spécialités.
Dans ces catégories, envisageons aussi  les grandes catégories d’approche:
la voie officielle (autorisation légale pour effectué la visite), demande par mail, téléphone au propriétaire ou gestionnaire des lieux, parfois la seule solution pour avoir accès.
L’accès « urbex », aucune autorisation, toujours « borderline », mais bien plus fun, grimper, creuser, se faufiler, courir, ramper, tout à bon à condition de ne rien casser….Un petit mot aussi pour une catégorie plus risquée et un peu à part, mais qui présente un haut pourcentage d’adrénaline : l’infiltration de lieux encore en activité ou en semi-activité…

  • L’industriel : très, très vaste domaine, les sites ne manquent pas et peuvent être très très grands
  • Lerésidentiel : peut-être le plus délicat, mais aussi le plus passionnant, pour celui qui aime remonter dans le temps et l’histoire des gens ; il y a bien sûr les maisons abandonnées, les vieilles fermes, mais surtout les châteaux…
  • Leloisir : cinéma, théâtre, piscine, bowling et tout autre lieu de divertissement ainsi que les hôtels, restaurant, discothèque…
  • Le religieux : églises, chapelles, temples, synagogues…
  • Le médical : hôpitaux, infirmerie…
  • Le scolaire : école, université…
  • Le transport : trains, avions, bateaux…
  • Lesépaves de voitures : j’en fais une catégorie, car certains s’en font une spécialité : plus c’est vieux, plus c’est rouillé, plus c’est envahi de végétation, mieux c’est…
  • Lemilitaire : domaine militaire, caserne, chars, matériel militaire…
  • L’underground : tout ce qui est souterrain : bunker, collecteurs, fortifications, mais surtout anciennes mines (mon préféré…mais aussi le plus délicat et le plus secret…)

Ca va? vous êtes toujours avec nous?
Et oui, c’est tout un univers que celui ci! 

Quelques photos pour vous reposer!


L’EXPLORATION

  • Accès: ici quelques règles de base : la première pour moi est la discrétion !!! Cette activité étant « border ligne », le mieux est de ne pas être vu et de ne laisser aucune trace de passage ; ne jamais se garer directement devant un spot, préférer une approche plus longue et hors de vue des voisins, de la route…J’ai envie de dire seul c’est le plus discret, mais pour la sécurité d’abord et pour le partage et la convivialité à 2 c’est mieux ; en fonction des lieux, je déconseille d’être plus que 3! Marcher en silence, éviter les tenues flashy et les looks cambrioleurs cagoulés, soyez rapide pour entrer, progresser à couvert, éviter les grandes zones découvertes. Si possible renseigner vous sur l’accès auparavant pour ne pas devoir tourner inutilement, un coup d’œil sur une vue aérienne est un plus pour bien situer le lieu auparavant. Certains accès demandent parfois des qualités sportives et d’autres fois de la réflexion, l’accès n’est pas toujours évident au premier coup d’œil… Il y a des périodes de la journée ou des saisons plus propices que d’autres selon les spots…Le dimanche midi par beau temps n’est pas recommandé pour le résidentiel !!! C’est le moment où tous les voisins font barbecue ! Pour certains spots, il faudra être très matinal pour arriver à rentrer lorsqu’il fait encore noir, que tout le monde dort encore, attendre le lever du jour dans le spot pour pouvoir shooter… En industriel, c’est souvent plus tranquille le WE ou en soirée…
  • Conseils photos: en urbex, les mêmes principes, les mêmes règles s’appliquent que pour la photographie en général (règle des 1/3, symétrie, ligne de fuite, profondeur de champ, cadre dans le cadre,…), tout en sachant que rien n’est obligatoire et qu’il faut rester créatif. Cependant il y a quelques particularités en urbex, les lieux visités étant généralement fort sombre, on privilégiera la pose longue pour pouvoir shooter en conservant les iso sur leur valeur la plus faible. Il est très rare ici que le sujet photographié bouge…par contre l’appareil oui, c’est pourquoi le trépied est indispensable ! Il y a juste en extérieur que l’on pourra se passer du trépied. Régler au mieux l’horizontalité et la verticalité de l’appareil, même s’il est toujours possible de corriger en post-prod. Cadrer au plus large et ensuite zoomer légèrement en fonction du cadrage souhaité, moi je cadre souvent un peu plus large pour être sûr de tout avoir lorsqu’en post prod j’ai à rectifier la verticalité, l’horizontalité et la distorsion de l’objectif.
  • L’appareil est réglé soit en manuel soit en priorité ouverture, je choisi en général cette dernière option, simple, mais efficace (f11 ou f13, mais libre à vous de modifier les préférences, si je ne veux pas trop allonger la pose je passe parfois en f8. À noter que j’utilise le mode manuel et son mode bulbe dans l’obscurité totale (mines, souterrains) lorsqu’il faut « lighter » la scène. Pour la mise au point avec mes mauvais yeux, je fais confiance à la mise au point automatique sauf dans certains cas particuliers (comme prise de vue à travers un cadre, carreau cassé, barreaux, balustrades… ou si je veux effectuer la mise au point sur un petit objet particulier en avant-plan). Maintenant les puristes effectueront toujours un réglage 100% manuel avec utilisation éventuelle (si l’appareil dispose de l’option) du liveview. L’utilisation de la télécommande évitera de faire bouger l’appareil au moment du déclenchement,… (ou retardateur). Si le trépied est costaud et stable, que l’on déclenche en douceur, ce n’est pas indispensable (c’est ma technique après la perte de la 3 éme télécommande…). Dans les endroits fort sombres, une lampe torche, une frontale, le mode lampe de poche du téléphone peut parfois servir à effectuer la mise au point. En Urbex on proscrira totalement l’usage du flash (à l’exception peut-être d’un shooting modèle en urbex), d’abord parce que la lumière naturelle est bien plus belle, ensuite pas de reflet sur certaines surfaces et ensuite par discrétion tout simplement !
  • Vient ensuite la question du bracketing et du HDR ! Vous aurez toujours les 2 clans qui s’affrontent ; on associe souvent urbex et hdr, le débutant aura souvent tendance à produire des photos en hdr super poussé, criard et piquant aux yeux ! Au fur et à mesure de sa pratique et de son évolution on constatera son atténuation progressive. Maintenant il est certain qu’un HDR bien maîtrisé à de sérieux avantages car il permet de récupérer aussi bien les zones sous-exposées que sur-exposées d’une scène ; il sera donc avantageux dans le cas où dans le cadre de la photo on a de grosse différence de luminosité (zone très sombres et fenêtre lumineuses par exemple). Personnellement en intérieur j’utilise quasi toujours le bracketing (en extérieur quasi jamais), quitte à ne traiter qu’une des photos de la série par la suite) et ensuite je fais une fusion hdr dans lightroom qui reste légère et naturelle. Ici c’est à chacun de faire ses essais et trouver la solution qui lui convient le mieux.
  • Si l’appareil dispose d’une option bracketing, c’est relativement simple à paramétrer, inutile de faire des séries de 12 photos, 3 ou 5 prises de vue à des expositions différentes suffisent (perso j’utilise : 5 prises de vue avec des incréments de -2,-1,0,+1,+2). À savoir que c’est une question de goût aussi, certains photographes urbex n’utilisent jamais de hdr et produisent un travail d’excellente qualité, les imperfections se récupèrent très bIen en post-traitement. Ce qui m’amène à préciser que si on veut effectuer un post-traitement de qualité il est indispensable de shooter en raw (penser à régler votre appareil dés le départ).


LE TRAITEMENT PHOTO

il constitue une très grosse partie de l’activité, il pourrait faire à lui seul l’objet d’une petite formation, les logiciels ne manquent pas. Je pense que c’est à chacun de trouver en fonction de ses besoins de ses goûts le logiciel et les réglages qui lui conviennent. En très bref, personnellement  j’estime lightroom assez incontournable. Pour faire très bref, ma façon de procéder (je rappelle ce n’est pas une règle).

J’assemble les séries de 5 photos avec la fusion HDR de lightroom, qui me donne une image avec certains pré-réglages, j’augmente légèrement le contraste, je diminue les hautes lumières au max, j’augmente les ombres au max, j’augmente les blancs, les noirs je ne touche pas en général, j’augmente un peu la clarté, je diminue un peu la vibrance et la saturation ; je corrige la verticalité, l’horizontalité, la distorsion de l’objection, l’aberration chromatique , je recadre si nécessaire et je place un petit vignettage. Pour donner on look plus ancien, il y a toujours la possibilité d’utiliser un filtre. Les acharnés du HDR, utiliseront des programmes comme photomatix ou des extensions comme nik software. Pour conclure : faites vos essais, vos erreurs et trouver la recette qui vous correspond et vous plait !



LES RISQUES

Bien qu’il n’existe pas de cadre légal à la pratique de l’urbex, c’est une activité à la limite de la légalité ou même parfois illégale…Il faut être conscient que l’on s’expose peut-être à certains risques judiciaires…Même si l’on ne casse rien et qu’on n’emporte rien, il s’agit quant-même en général de violation de propriétés privées. Certes le lieu est à l’abandon, complètement délaissé, plus entretenu, parfois même sans clôtures, sans barrières et sans panneaux…mais il y a toujours un propriétaire qui pourrait porter plainte, un voisin zélé qui peut appeler la police, un service de sécurité, de gardiennage qui surveille le site… Dans les faits en Belgique en tout cas, on ne risque pas grand-chose, au pire si la police arrive c’est un contrôle d’identité, une explication au poste de police et une réprimande…un service de sécurité en général il vous reconduira à l’entrée. Le plus dangereux serait un propriétaire irascible arrivé en furie sur les lieux, menaçants et armés, dans ce cas n’hésitez pas à appelé vous-même la police ! Méfiez-vous aussi des chiens et des oies !

Ne pas négliger le fait que l’activité peut être dangereuse aussi pour votre personne, risque de chute, d’effondrement, d’éraflures…il y a les ronces, les orties, les barbelés, les clous rouillés, les escaliers pourris, les planchers industriels mangés par la rouille, les tiques dans les hautes herbes…soyez prudents, regardez où vous posez les pieds! C’est préférable donc d’être toujours au moins à deux et de disposer chacun d’un téléphone.



EXPO

Si vous aimé la photographie de lieux abandonnés je vous donne rdv à l’exposition Click and shoot qui aura lieu les 20-21-22 octobre chez Intradel : Pré Wigy, 4040 Herstal, Belgique, vernissage vendredi à 20h00, ce sera l’occasion de rencontrer une quarantaine d’exposants en grosse majorité, passionnés d’urbex !

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